La Gare.
- pauline AVEZARD

- 23 févr.
- 2 min de lecture
Cette Gare...
Tout le Monde la connaît.

J’y suis passé une fois déjà, lors de mon installation ici, il y a longtemps déjà. Je me souviens parfaitement de ce jour : mon cœur était partagé entre la tristesse de quitter mon ancien monde et l’excitation d’une nouvelle vie qui débutait. Je savais que je devrai revenir, j’ignorais juste quand.
C’est aujourd’hui. Me voici à nouveau face à elle.
Cette Gare est un Lieu Sacré.
Elle est connue de tous pour son époustouflante et sublime architecture semblant née d’une Civilisation mystérieuse, plus ancienne que l’origine du monde narrée dans nos livres d’histoire. Personne, ni les plus érudits ni les plus passionnés, ne sait exactement situer son origine. Tous en revanche s’accordent sur la beauté de cet édifice de gemmes et de cristal, qui accueille à l’infini voyageurs de tous horizons.
Sa façade rayonne une incroyable lumière. Je me sens ému par cet instant : c’est mon dernier en cet endroit. Le ciel bleu azur au-dessus de moi m’enveloppe d’une douceur et d’un amour presque angéliques. Le Soleil est éblouissant et éclaire, de façon presque mystique, la grande entrée de verre qui attire inexorablement chacun à y pénétrer.
Une immense arche de cristal illumine le hall depuis le parvis. La foule crée une danse hypnotique de vas-et-viens incessants. Je pénètre le lieu avec un mélange de tristesse et de joie. J’ai espéré ce moment tant de fois. Pouvoir fuir enfin et prendre le départ loin de tous les maux et difficultés de mon existence… c’est aujourd’hui. J’aimerais finalement repousser un peu plus le départ mais le billet n’est ni modifiable ni annulable.
Je respire profondément l’air frais de l’hiver qui rafraîchit l’espace d’attente voyageurs. Le hall est immense. De nombreux gens, comme moi, attendent patiemment et respectent la file menant au quai. La plupart sont venus seuls. D’autres sont accompagnés d’amis, de proches ou même d’inconnus rencontrés en chemin. Il règne dans cet espace une ambiance presque pieuse. Nous sommes tous là, unis, pleinement conscients de l’importance de cet instant. Nous l’accueillons avec profondeur et présence.
Une harmonique de notes cristallines annonce sans un mot l’accès ouvert au quai des départs. Mon cœur bat un peu plus fort. Je rencontre des regards teintés du même mélange d’émotions que moi. Nous voici à présent sur le quai, le train couleur argent face à nous.
Mes mains moites déplient mon billet, le numéro de voiture 7 apparaît.
Je me dirige jusqu’à elle.
Une pause.
Un dernier regard autour de moi.
Je prends une grande inspiration puis je me hisse pour monter dans le wagon. Je passe le seuil. Clac. Les portes se referment derrière moi.
L’obscurité. Puis une lueur.
Un espace infini s’ouvre vers le néant, avec confiance et l’ âme en paix, je m’y abandonne.
"La Gare". Nouvelle par Pauline Avezard, février 2026
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